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épisode 22

Nuage de pesticide dans la nuit

Inde, 1984

publié le 26 septembre 2017

compléments

Les chiffres

Preuve que même quand un évènement historique est proche, les détails restent soumis à controverse, le nombre de victimes varie selon les sources. Les associations de victimes indiennes évoquent le chiffre de 25 000 décès directement imputables à la catastrophe. Le gouvernement lui parle de 3828 décès “identifiés”. Une médecin suédoise (voir les liens) évoque quant à elle 8000 décès dans les jours qui ont suivis la fuite mortelle, 8000 de plus sur le long terme, ce qui ferait un total de 16 000 morts en tout.
Les sources se rejoignent sur le nombre total de personnes touchées à des degrés divers (de l’infection oculaire temporaire au handicap respiratoire sévère) qui serait de 360 000. Il n’y aurait cependant eu que 80 000 dépôts de demande d’indémnisation à la justice indienne.

Catastrophes !

Une des catastrophes qui inaugurent les accidents industriels de large ampleur est l’explosion le 12 octobre 1654 de la poudrière de Delft qui détruit un moitié de la ville et tue plus d’une centaine de personnes.
Catastrophe moderne marquante qui donnera son nom à la classification des zones à risques, celle de Seveso en Italie, au nord de Milan a lieu en juillet 1976 : un nuage de produits chimiques, de la Dioxine, se propage suite à un accident dans une usine chimique du groupe Suisse Roche. S’il n’y a aucun décès direct lié à la catastrophe, beaucoup d’habitants sont touchés et ce qui choque le plus c’est que les habitants ne sont prévenus et évacués que 15 jours après la fuite.
Quelques autres catastrophes sont surtout des explosions, tuant sur le coup les ouvriers proches et provoquant des dégâts considérables comme aux États-Unis en 1990 près d’Houston ou à Toulouse en 2001 quand l’explosion d’une usine du groupe AZF fait 31 morts et des milliers de blessés, soufflant les vitres à plusieurs kilomètres à la ronde.

Warren Anderson

Président Directeur Général de l’Union Carbide à qui appartenait le complexe industriel, il fait l’objet d’une recherche par la justice indienne pour des cas de négligence dans la sécurité de son usine indienne. La catastrophe de Bhopal a en effet été largement imputée aux négligences de l’entretien de l’usine.
Si la firme a versé plus de 400 millions de dollars de compensations, elle a toujours refusé d’endosser la responsabilité de l’accident, parlant même de sabotage pour minimiser son implication dans l’accident. Précisons tout de même qu’en 1982, la firme envisageait de fermer l’usine indienne et que ce sont les autorités du pays qui l’en ont dissuadés, épouvantés par la mauvaise publicité que cette fermeture ferait aux entreprises étrangères.
Warren Anderson est décédé en 2014 à l’âge de 92 ans dans sa propriété de Floride.

Iconographie

Webographie

  1. wikipedia (article sur la catastrophe)
  2. The Atlantic (article et photos sur les trente ans de la catastrophe)
  3. Ingrid Eckerman (médecin suédoise qui a participé aux commissions d’analyse de la catastrophe)
  4. bhopal.com (site détenu par l’Union Carbide qui défend la thèse du sabotage)

Bibliographie

  1. Javier Moro et Dominique Lapierre, Il était minuit cinq à Bohpal, Full Circle Pub., 2001, 376p.
  2. Christophe Léon, Bleu toxic, Paris, Seuil, 2010, 112p.

Musique

Quintet à corde n°6 K614 de Wolfgang Amadeus Mozart interprété par le Isabella Stewart Gardner Museum